Depuis que Shen Nong a découvert, voilà plus de 4000 ans, que le thé a le pouvoir de stimuler et de désintoxiquer, l’homme n’a cessé de s’intéresser à ses vertus médicinales. Du temps où il était considéré avant tout comme un médicament, ce sont ses propriétés qui ont fait sa popularité. On croyait que son goût amer favorisait l’éveil, une bonne santé générale et l’acquisition d’une plus grande sagesse. Dans la médecine chinoise, sous les dynasties Tang et Song, les effets médicinaux du thé ont été de plus en plus reconnus ; on le recommandait pour guérir et prévenir différents malaises comme les maux de tête, les idées noires et la mauvaise digestion ainsi que pour dissoudre les graisses. Quelques siècles plus tard, Li Shizhen (1518-1593), médecin et auteur d’un ouvrage intitulé Classification des plantes médicinales, affirmait que le thé pouvait réguler la température interne du corps, calmer l’anxiété, dissoudre les graisses, favoriser la concentration, etc.

Si les propriétés stimulantes, diurétiques et antibactériennes du thé sont reconnues depuis longtemps par la médecine chinoise, c’est plus récemment que ses bienfaits ont été confirmés par la science moderne. En raison de ses pouvoirs antioxydants, les effets bénéfiques du thé sur la santé suscitent beaucoup d’intérêt en recherche médicale, et ce, principalement en ce qui a trait à la prévention du cancer et au traitement des maladies dégénératives ou cardiovasculaires. Aujourd’hui, à la différence des taoïstes d’autrefois, nous ne considérons pas le thé comme un élixir d’immortalité ni comme une boisson dotée de pouvoirs mystiques. Cependant, il ne fait plus aucun doute que ses vertus contribuent à notre longévité en stimulant les fonctions du cœur, en renforçant le système immunitaire et en prévenant les mutations cellulaires.

Bien sûr, la transformation des feuilles favorise l’apparition de nouveaux éléments chimiques qui modifient leur goût autant que leurs propriétés. Ainsi, chaque famille de thé possède-t-elle des vertus qui lui sont propres.